Entreprises et monde agricole

Le saviez-vous ?

Mis à jour le 12/04/2019

Pour la production de viande de porcs et de volailles, l’énergie directe, c’est-à-dire celle consommée dans les bâtiments, représente entre 2 et 3 % du coût de production.

L’énergie indirecte, quant à elle, représente une part importante de l’énergie mobilisée lors de l’évaluation globale des productions animales, notamment du fait de l’alimentation :

  • dans le cas des porcins (porcs sevrés), 60 % du coût de production vient des achats d’aliments ;
  • dans les élevages avicoles (volailles de chair), environ 50 % du coût de production vient de l’alimentation.

Selon les types d’élevage, les postes consommateurs d’énergie directe (Utilisation rationnelle de l'énergie dans les bâtiments d'élevage) varient :

  • pour les élevages de porcs (Guide du bâtiment d'élevage à énergie positive), la consommation d’énergie est majoritairement liée au chauffage (environ 46 %), puis à la ventilation (39 %). Pour les stades physiologiques chauffés (nurserie/post-sevrage et maternité), le chauffage représente près de 80 % des consommations d’énergie directe, alors que pour les stades non chauffés, c’est la ventilation qui est majoritaire avec 90 % des consommations ;
  • en ce qui concerne les élevages de porcs sur litière, les consommations électriques sont généralement faibles (car il n’y a pas de ventilation dynamique dans ce type d’élevage). Néanmoins, une partie de l’énergie électrique non consommée est substituée par le fioul pour les opérations de paillage, de curage et de pressage, qui représentent en moyenne 10,8 kWh/porc produit chez les naisseurs-engraisseurs de porcs sur litière ;
  • pour les élevages de volailles, 79,7 % de l’énergie directe correspond au chauffage (propane), 13 % à l’électricité et 7,3 % au fioul (tracteur, groupe électrogène).

En ce qui concerne les besoins en chauffage, ils sont très importants en début de bande (15 premiers jours en volaille) car les jeunes animaux (porcelets et poussins) sont incapables d’assurer leur thermorégulation dans les premiers jours de leur vie.

Dans les élevages avicoles (Guide du bâtiment d'élevage à énergie positive), l’utilisation d’un même local tout au long de la croissance est coûteuse en énergie : l’environnement doit toujours être adapté au stade physiologique des animaux. Le bâtiment va passer d’une phase endothermique à une phase exothermique avec des besoins en ventilation importants à partir d’un certain âge.

Éléments importants pour la réussite du projet

Pour diminuer les consommations énergétiques dans les ateliers d’élevage porcin ou avicole, différents leviers d’actions existent :

  • bien connaître ses consommations (relevés de factures, diagnostics énergie, etc.) ;
  • optimiser les pratiques d’élevage :
    • avoir une bonne gestion du couple ventilation-chauffage,
    • bien entretenir le matériel de chauffage et de ventilation,
    • s’assurer du maintien d’un bon débit minimum de ventilation ;
  • bien positionner les systèmes de chauffage, de ventilation et les sondes de régulation ;
  • optimiser le chauffage (adapter le nombre de radiants aux besoins de chaleur, opter pour des modèles modernes et performants, etc.) ;
  • investir pour réduire la facture énergétique de l’exploitation :
    • limiter les pertes de chaleur par le bâti (isolation, étanchéité à l’aide de la thermographie infrarouge, ponts thermiques, etc.),
    • utiliser des ventilateurs économes (régulation, gestion de l’hygrométrie…),
    • opter pour la récupération de chaleur (échangeurs ou pompes à chaleur [PAC]),
    • penser aux énergies renouvelables (chaudière biomasse, par exemple) en substitution aux énergies fossiles.

Toutefois, les niveaux de consommation doivent aussi être optimisés dans le cas d’utilisation d’énergie renouvelable.

Concernant les consommations d’énergie indirecte, les leviers d’action au niveau de l’animal sont plus restreints, si ce n’est l’optimisation des quantités d’aliments consommés (mais cet optimum est souvent déjà atteint pour des questions économiques). En revanche, des leviers existent pour les industriels au niveau des stratégies de fabrication (granulation, broyage…) et de la formulation à partir de matières premières moins consommatrices en énergie. À l’échelle des exploitations, des efforts sont possibles en termes de logistique (optimisation des tournées, gestion améliorée par l’utilisation de silos adaptés aux phases alimentaires…).

Quant à la méthanisation, en élevage porcin, elle permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à l’élevage, tout en permettant une production d’énergie directement utilisable pour les bâtiments d’énergie.